Vert potiron

Cultures Plurielles

Situation : Berges du Rhin // Bâle/Village-neuf/Wiel am Rhein // Switzerland/France/Germany

Equipe : Antoine Derrien, Maude Caron, Noël Pinsard 

Type : Concours d’idées IBA Basel 2020

Surface :  220 ha

Année : 2012 

 

Une agglomération à cheval sur trois frontières et un fleuve d’envergure européenne. Un site, à l’origine agricole, pris à la jonction entre ville et espace de nature. Le Rhin est imperceptible, coincé sur ses deux rives dans une alternance de front industrialo-portuaire et de boisements denses. Il s’agit ici de donner un statut, une qualité propre à cette plaine du Nord Bâlois, de souligner le rapport qu’elle entretient avec le Rhin et d’affirmer son statut de paysage intermédiaire.

Pour cela, nous proposons trois leviers :

-S’appuyer sur les trames existantes, orientées vers les berges et traversant le Rhin, pour créer des continuités Est-Ouest, qu’elles soient piétonnes, paysagères ou écologiques, avec les outils que sont l’eau et le végétal.

-Revaloriser la pratique maraîchaire sous une forme raisonnée, afin qu’elle devienne un pôle économique local et qu’elle génère une activité propre au Nord de Bâle.

-Réinstaurer un usage public des berges, en donnant ponctuellement plus d’ampleur au lit du Rhin, en dégageant des points de vue et en mixant les activités en bord d’eau.

Le paysage créé devient support d’une revalorisation agricole et maraîchaire propre au lieu, suivant les précepts établis par Rudolf Steiner, Bâlois d’adoption, dans les années 1920. Nous en organisons la structure, les cheminements et les équipements, tous compris dans un même lieu qui rassemble espaces agricoles, publics et industriels. La plaine est traversée de trames piétonnes et cyclistes qui mettent en relation villes et berges, France et Allemagne. Les points de vue se dégagent sur les rives, les parcours se fluidifient. Le lit du Rhin est ponctuellement élargi, avec des berges creusées qui retrouvent le niveau du fleuve. Ces lieux à fleur d’eau deviennent des espaces dédiés aux loisirs, au maraîchage, ou sont recolonisés naturellement.

Nous proposons, au final, de viabiliser et pérenniser une trame agricole existante qui vient organiser un parc paysager à l’échelle trinationale. Nous profitons de l’installation de ce paysage pour mettre des intérêts publics en commun : équipements, culture, pédagogie, écologie.

C’est la périphérie qui génère à la fois une économie et un cadre de vie. Elle devient novatrice et qualitative, en respect avec son milieu, son socle.

A la concentration urbaine, nous privilégions la multiplicité des espaces et des rapports au paysage.

Nous ne transformons pas le territoire, nous avons juste l’intuition que les trois leviers proposés permettent d’accompagner un changement de regard, un retournement de situation. Il s’agit de révéler ce qui fait paysage : le Rhin, ses berges et les pratiques qu’il offre.

 

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